Article / top-chrono - le, 13/05/2016

« Je suis juste là pour lui montrer le chemin » - Gildas Penverne

Métier – Entraîneur | Gildas Penverne, entraîneur course hors-stade spécialisé en ultra

Qu’est-ce qui se cache derrière le sifflet et la casquette d’un entraîneur ? Gildas Penverne, entraîneur course à pied hors-stade spécialisé en longue distance, répond à nos questions.

Gildas, depuis quand entraînes-tu des athlètes ?
J’entraîne des athlètes depuis 2005, cela fait donc 11 ans maintenant.

À la saison, combien de personnes chapeautes-tu ?
J’ai toujours eu beaucoup de demandes, mais je me limite à 10 athlètes à la saison. Par contre depuis que je me suis professionnalisé (jusqu’à début 2016, Gildas proposait ses services gracieusement, en plus de son travail de chauffeur routier, Ndlr), seuls deux athlètes ont souhaité continuer l’aventure. Il s’agit de Benjamin David (vainqueur de l’Echappée Belle en 2015, Ndlr) et Régis Beurrier, qui a fait huitième au Mercantour.

Tu parles beaucoup de belles performances ; t’adresses-tu uniquement à des coureurs élite, ou travailles-tu avec « n’importe qui » ?
Non il n’y a pas de niveau minimum pour travailler avec un entraîneur, il faut juste avoir l’envie de s’entraîner sérieusement.

Tu es également en charge de l’entraînement pour le Team Savoie Endurance ?
J’en suis le Président. Mais le Team est en standby cette année. Avec un ami, Julien Ruiz (Go for it event), on a le projet de monter un club FFA hors-stade sur Chaméry pour septembre 2016.

À quel type d’épreuves peux-tu préparer des athlètes ?
En préparation mentale, je peux suivre des athlètes venant de n’importe quel sport. En entraîneur, je suis spécialisé dans la course à pied hors-stade.

As-tu une préférence, une affinité avec un type d’épreuve en particulier ?
Ce que je préfère, c’est l’ultra en général. Je suis un grand fan du 24 heures.

Quand tu prends quelqu’un en charge, qui définit les objectifs ? Est-ce l’athlète qui te dit « Je veux terminer telle épreuve avec tel chrono » par exemple ?
C’est l’athlète qui définit ses objectifs, et c’est moi qui définis la stratégie. Dit autrement, c’est l’athlète qui tient les rênes et moi je suis juste là pour lui montrer le chemin.

Est-ce que parfois, tu dis « non, tu ne peux pas faire ça » ?
Oui il m’arrive de dire « non tu ne peux pas faire ça ». En général c’est quand l’espace entre deux compétitions n’est pas suffisant pour construire quelque chose, ou quand un p’tit jeune vient me consulter pour faire de l’ultra. J’essaie de lui expliquer que l’ultra est un sport d’adulte et qu’avant de faire un sport d’adulte il vaut mieux avoir un corps d’adulte.

Comment débute une prise en charge ?
C’est d’abord une rencontre qui va être basée sur l’écoute et commencera toujours par la même question : « En quoi puis-je t’aider ? » Ensuite si je peux répondre à ses attentes, on pourra collaborer.

Combien de temps avant un objectif faut-il faire la démarche de s’adjoindre les services d’un entraîneur ?
Il faut un certain temps à l’athlète pour assimiler le travail : 9 mois minimum avant l’objectif c’est bien, 12 c’est encore mieux. Le top c’est de suivre un athlète sur plusieurs saisons : ça laisse vraiment l’espace nécessaire pour construire quelque chose de durable.

Est-ce que certaines personnes te contactent juste pour une prestation ponctuelle, pour un objectif précis ?
Oui certains m’appellent 3 ou 4 mois avant leur objectif et veulent juste un plan pour les 12 dernières semaines, sans vraiment de suivi. Dans ce cas-là, on passe une demi-journée ensemble, et on fait le plan à deux.

Et sinon dans le cadre d’une collaboration à long terme, comment est-ce que ça se passe ?
L’athlète reçoit son plan d’entraînement, en général par macrocycles de 6 semaines. Je l’invite toutes les semaines à me faire un compte-rendu en ciblant ce que j’ai besoin de savoir pour réajuster les plans si besoin. J’essaie d’avoir les athlètes au téléphone toutes les semaines et de les voir tous les mois. Je vais courir avec certains parfois, je peux être présent lors des compétitions…

Combien ça coûte un entraîneur à l’année ?
En moyenne, il faut compter un budget d’une centaine d’euros par mois.

À ce jour, quelles sont tes plus grandes satisfactions en tant qu’entraîneur ?
Mes plus grandes satisfactions sont quand l’athlète gagne alors que personne ne s’y attendait : Julie Chaboud en 2012 au championnat de France de 100 km ou Benjamin à l’Echappée Belle. Sur le plan émotionnel la victoire de Fabien au championnat de France de 24 heures était énorme (il s’agit de Fabien Hobléa, Ndlr). Pendant toute la course je me suis occupé de son ravitaillement, pendant toute la course je l’ai vu remonter au classement pour s’installer en première place et ne plus la lâcher.

Ça doit créer des liens cette relation entre athlète et entraîneur finalement ?
Je vis souvent par procuration les courses des athlètes que j’entraîne : je fais les cent pas chez moi ou sur la ligne d’arrivée. Mais un 24 heures,  c’est toujours un moment spécial que tu partages pour le meilleur ou le pire avec l’athlète.

• Gildas Penverne, entraîneur course à pied hors-stade de niveau 3, et certification professionnelle de transmission des fondamentaux avancés de la préparation mentale des sportifs

• Palmarès d’entraîneur :
-    3 titres de champion de France (course de montagne junior avec Camille de Lepeleire en 2006, 24 heures avec Fabien Hobléa en 2008 avec 251,426 km, et 100 km avec Julie Chaboud en 2012 à Belvès)
-    1 titre de vice-champion du monde (24 heures avec Fabien Hobléa en 2008 – 267,074 km)
-    Des résultats internationaux en tail (Julien Chorier de 2006 à 2011 avec deux victoires sur le Grand Raid de La Réunion en 2009 et 2001, sur la Hardrock en 2011, ou Benjamin David vainqueur de l’Echappée Belle en 2015)

• Site internet : http://pvngildas.wix.com/monsite


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