Article / underground - le, 16/06/2016

« On étire un peu le peloton puis pouf droit dans la pente ! » - Antoine Guillon

Interview – Organisateur | Antoine Guillon, organisateur de la 6666

La 7e édition de la 6666 Occitane s’est déroulée le week-end dernier. Retour sur une des épreuves les plus techniques de l’Hexagone avec le grand patron, Antoine Guillon.

Ultramag : Antoine, tu as bouclé avec toutes les personnes participant à l’organisation de la course la 7e édition de la 6666 Occitane il y a quatre jours, comment vas-tu aujourd’hui ?
Antoine Guillon : C’est le premier jour où j’arrive à faire une sieste depuis la course. Il y a toujours des trucs à faire, ce n’est jamais fini… C’est beaucoup plus fatigant que de courir un ultra !

Cet ultra, qui se nomme désormais Grand Raid 6666, a changé cette année de parcours. Explique-nous un peu quelles ont été les modifications ?
C’est la première fois en sept ans que nous avons proposé un parcours en boucle, Roquebrun – Roquebrun. Pour la logistique, c’est bien plus simple à gérer, avec un seul site de départ (plus celui de la Saute-Mouflon bien sûr), c’est moins de fatigue pour les bénévoles et plus de visibilité pour le village d’accueil. Et puis c’est aussi moins de fatigue pour les coureurs, qui n’ont pas de bus à faire avant de prendre le départ.

Et du côté du parcours, qu’est-ce que ça change ?
Les coureurs atteignent plus rapidement le Caroux, par un début de parcours totalement nouveau mais complètement dans l’esprit 6666. On commence par un peu de piste pour étirer le peloton, puis pouf, droit dans la pente ! Ce n’est jamais trop roulant, il faut parfois s’aider des mains, le tout dans un super coin, dans la garrigue. On passe deux fois dans des ruines de châteaux, et puis cette année les coureurs font une nouvelle montée, chronométrée, afin de remplir les conditions du challenge UMTN. On a conservé l’enchaînement de la mort après Esquino d’Aze, puis à la fin trente kilomètres dans la garrigue, avec du sentier en forêt pour éviter un maximum l’exposition à la chaleur.

Le retour des coureurs sur ces nouveautés ?
Il est unanime : on n’a jamais fait aussi dur, mais c’est magnifique ! Ils ont eu droit à la floraison des genêts et aux bruyères violettes en même temps, c’est somptueux.

Tu évoquais la chaleur qui peut être terrible dans cette région, mais elle a épargné les coureurs ?
Il n’a pas fait trop chaud, le temps était couvert, il devait faire 24-25°C.

220 arrivants sur le Grand Raid 6666, plutôt pas mal non ?
Oui, je crois qu’on est à 63% de finishers, c’est vraiment bien. Au briefing j’ai bien insisté sur la gestion, sur l’enchaînement de difficultés. Et puis je crois que les gens ont compris qu’il ne fallait pas faire cette course en préparation, que c’était un objectif à part entière.

C’est la première fois que l’on voit un si beau plateau sur la 6666 non ?
On a été gâté ! Je pense que c’est l’effet du challenge UMNT. Avant la course, j’avais compté 19 hommes et 7-8 femmes susceptibles de bien figurer. Et il y a eu du challenge, la course a été serrée. Sylvain Couchaud a fait une course extraordinaire. Chez les femmes aussi ça a été très serré, et la coureuse réunionnaise, Gilberte Libel, a fait l’écart dans la partie la plus difficile.

Tu as souvent répété que le Caroux était un formidable terrain d’entraînement en vue du Grand Raid de La Réunion, je crois qu’il y avait quelques Réunionnais présents, qu’en ont-ils pensé ?
Oui ils étaient 8 Réunionnais sur la course, et ils ont tous dit que c’était plus dur que le Grand Raid ! Bon, je pense qu’il ne faut pas exagérer, il n’y a pas les amplitudes thermiques, l’altitude… Par contre c’est vrai que c’est difficile, et peut-être qu’ici les difficultés sont plus concentrées. Dans le Caroux, pendant 40 km, c’est vraiment très dur.

Te concernant, quelle est la suite du programme ?
Je vais faire un petit break en famille, on va partir trois semaines en Grèce. Et puis après j’ai les 85 km de l’Echappée Belle, je ne connais pas le massif mais on ne m’en a dit que du bien. Puis La Réunion, la Transmartinique, et en janvier on va aller en Asie avec Christophe (Le Saux, Ndlr) pour faire un trail de 150 km en étapes, et trouver un ultra-trail dans le coin juste après.

J’ai vu que ton tout nouveau livre, Tim Runwood, était sur le point de sortir ?
Ça y est oui, il est chez l’imprimeur et je le reçois la semaine prochaine. Ceux qui l’ont précommandé l’auront très bientôt, et il sera bien sûr disponible sur le site de la 6666. C’est un roman humoristique, et les gens qui l’ont lu se sont bien marrés. D’ailleurs j’ai déjà le prochain en tête, et cette fois-ci je n’attendrai pas deux ans pour l’écrire !

• Plus d’infos sur : http://www.6666occitane.fr


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