Article / absolu - le, 16/07/2015

« 105 heures me paraissent jouables » - Stéphane Marchand

Interview – Ultra-trail | Retour sur le Tor des Géants du 12 au 20 septembre

Le Tor des Géants propose de faire le tour du Val d’Aoste, en Italie, en 330 km et 24000 mètres de dénivelé positif. Stéphane Marchand sera de la partie le 13 septembre pour la deuxième fois. Il revient sur cette épreuve mythique.

Le Tor des Géants est devenu mythique en seulement 5 ans. Il faut dire que cette ultra-trail version XXL a de quoi faire tourner les têtes : 330 km, 24 000 mètres de dénivelé positif, 34 communes du Val d'Aoste, en Italie, traversées, une armée de bénévoles aux petits soins, et quelques anecdotes pas piquées des vers. Stéphane Marchand, coureur d'ultra de niveau très correct, a participé à l'édition 2012. Il y retourne cette année pour Ultra Mag, et revient sur ses motivations et ses ambitions.

Ultra Mag : Tu as participé à des ultra-trails en France et à l’étranger, des plus réputés (comme l’UTMB) aux plus intimistes (comme les 100 km des Coureurs Célestes en Belgique), et ce jusqu’aux USA avec une épreuve mythique comme la Hardrock. Malgré cela, le Tor des Géants semble revêtir dans ton esprit une place à part. Pourquoi ?
Stéphane Marchand : Plusieurs raisons à mon désir d'y retourner : l'accueil formidable de l'organisation, des bénévoles et des gens en général. Je trouve incroyable de pouvoir mobiliser des bénévoles aussi longtemps, et qu'ils gardent cette énergie qui profite à tout le monde, du premier au dernier.
J'aime beaucoup les circuits en forme de boucle, et je trouve celle-ci particulièrement jolie, spirituelle même : longer les plus hauts sommets d'Europe, en profiter pour faire un tour de vallée, sans rallonge pour faire de la rallonge, je trouve ça tout simplement beau.
Et pour finir, j'aime me balader dans l'étage minéral, et je n'ai pas souvent l'occasion d'y aller : le Tor permet de courir dans les villages, dans les prés, sous les arbres mais aussi dans les cailloux, au milieu de cailloux et de roches ; ces passages au-dessus de 2500 m d'altitude m'attirent énormément.

Trail des Tranches de Bully-les-Mines, 2015

Tu as couru le Tor des Géants en 2012 ; malheureusement, la course a été une première fois neutralisée durant 5 heures, puis stoppée au km 303 en raison du franchissement du dernier col jugé trop dangereux. Tu as donc été privé du finish normal de la course. Est-ce un mauvais souvenir pour toi ?
Je n'irais pas jusqu'à le définir comme un mauvais souvenir, mais cet arrêt à Bosses, aux portes du col de Malatra dont je me faisais une joie de parcourir les pentes, me laisse sur ma faim. J'avais tout de même fait environ 300 km, cela reste une... très belle sortie. Les conditions météo ont décidé du final, c'est le jeu.

Avec quelle ambition retournes-tu cette année sur le Tor ?
Ah-ah ! Question redoutable, ma première ambition est d'être aussi en forme à Bosses que je l'étais en 2012. Mais je me laisserais bien tenter par un peu plus de vitesse (pour mon niveau), disons que 105 heures me paraissent jouables avec une bonne forme et sans souci de sommeil, à voir.

Grand Raid 73 en 2015, photo de Claude Jannot

À deux mois du départ du Tor 2015, comment te sens-tu ? Peux-tu nous donner une idée de ton entraînement, et de ton programme 2015 précédant le Tor ?
L'entraînement va être léger : une Montagn'Hard début juillet qui était un objectif de la saison, deux semaines de récupération active en montagne avec des balades en famille (et j'espère quelques extras) pendant les vacances, en juillet, et il restera quasiment un mois et demi pour faire quelques séances de côtes chez moi... à raison de 50 m de dénivelé par côte. Je compte aussi me faire un ou deux trajets domicile-bureau, 55 km plats mais qui me permettent de faire des kilomètres.

Montagn'Hard 2015, crédit Zorglub sur kikourou


• Plus d’infos sur la course : http://www.tordesgeants.it/fr
• Photos d’ouverture : Isabelle Guillot


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