Article / top-chrono - le, 31/01/2015

L'orientation sur le marathon des sables

SPORT- ULTRA TRAIL | MARATHON DES SABLES

L'orientation dans le désert est un point crucial, le marathon des sables n'échappe pas à la régle. Michel partage son expérience de coureur de désert dans ce billet.

Laurent Michel, coureur d'expérience nous livre par les différents billets visibles sur son site Objectif Marathon des Sables 2015 sa vision du désert, sa préparation, ses conseils, ndlr.

Partir faire 250km dans le désert c'est bien, mais comment faire pour ne pas perdre sa route ?désert
Le désert est un univers un peu particulier qui rend souvent compliqué le balisage d'un tracé. Les pistes utilisées par les véhicules ont tendance à se déplacer au gré du vent et du sable, alors que peut-il advenir de la trace de quelques coureurs ?

Au cours de ces dernières années, j'ai rencontré plusieurs types de balisage sur ce type d'épreuve.

Sur la Mauritanienne Race, on avait un balisage physique, c'est à dire que de la rubalise était placée à chaque fois que cela était possible (arbustes, herbe à chameaux,...) et le reste du temps, il y avait des dizaines de cailloux, peints en blanc, un peu comme si on suivait la piste du petit poucet. Pour les sections de nuit, des bâtons lumineux étaient placés tous les 200-300 mètres.

On a déjà vu des coureurs faire  "pipi" et repartir dans le mauvais sens !

C'est un balisage de qualité, mais qui présente des difficultés. Par exemple, si vous vous éloignez de désertquelques mètres de la piste vous pouvez très vite être perdu sans savoir dans quelle direction aller pour retrouver la trace. De plus, pendant la course, on a essuyé une tempête de sable rendant la visibilité nulle, et surtout le sable avec des vents assez forts avait complètement bouffé la rubalise.
Au passage, cela me rappelle une petite astuce pratique. Lorsque vous vous arrêtez pour faire une pause ou satisfaire à un besoin naturel, pensez toujours à poser quelque chose (votre sac, ou vos bâtons) dans la direction vers laquelle vous voulez aller. On a déjà vu des coureurs faire une pose "pipi" et repartir en suivant le balisage... dans le mauvais sens !


Sur la Trans333, il n'y a pas, ou en tous cas très peu, de balisage physique. La progression se fait uniquement au GPS. Ca peut sembler compliqué au premier coup d'oeil mais en fait je me suis rendu compte de la grande souplesse et de la sécurité que cela apportait. Plus question de se perdre. Même si on s'éloigne de la piste, la GPS continue d'indiquer la direction vers le point suivant. On peut s'éloigner d'un oued ensablé pour aller chercher un terrain plus dur 100m sur le côté sans risquer de se perdre.

Même chose en cas de météo défavorable. Le GPS n'est en général pas impacté par les conditions désertexternes. Et pour les pauses techniques, plus de risque de repartir en arrière. La contrainte, c'est de disposer d'un GPS. Un coût non négligeable que certains organisateurs hésitent à imposer aux participants, d'autant que sur les courses longues, il faut partir avec des modèles à piles, les GPS à accus n'ayant pas l'autonomie nécessaire et les chargeurs solaires présentant un ratio poids/efficacité assez moyen. Tout ça pour dire que l'option retenue sur le Marathon des Sables est le balisage physique, associé à la fourniture d'un road book détaillé.

Le balisage de jour

Le parcours est indiqué par des balises tous les 500 mètres environ. Ca peut faire long, mais disons que ce sont surtout des points de repères ou de confirmation du fait qu'on est pas sorti de la piste. Les indications du road book permettent de conserver un axe de progression correct, sachant qu'on est pas dans une course d'orientation, et que le but n'est pas de piéger les participants.
Un autre point est aussi à considérer, c'est le nombre de participants. Avec 1300 concurrents, à moins d'être dans les premiers (ce qui a peu de chance d'être mon cas), ou très loin dans les derniers (ce que je vais essayerr d'éviter), on va surtout être amené à suivre une file de coureurs, et dans le cas où on ne verrait personne devant, les quelques centaines de coureurs qui nous auront précédé auront laissé des marques bien visibles !

Reste le cas de la mauvaise météo. Là, la consigne de l'organisation est claire "En cas de vent de sable ne permettant aucune visibilité, chaque concurrent devra stopper sur l'axe du parcours et devra attendre les instructions des commissaires de course".

C'est la meilleure solution de toutes façons. Vous sortez la couverture de survie, vous vous abritez et vous attendez que ça passe. On est dans un cadre avec une grosse assistance, dont il y a peu de chances qu'on nous abandonne pendant 2 jours !

Le balisage de nuit

Sur l'étape Marathon pour certains, mais surtout sur l'étape longue où on est sûr de courir de nuit, même principe que pour le balisage de jour mais avec des un balisage lumineux disponible depuis le CP3 jusqu'à l'arrivée.
Et avec un peu de chance, vous aurez toujours les frontales des coureurs qui vous précèdent !

Le road book

Autant sur des courses comme l'UTMB, l'omniprésence du balisage rend difficile le fait de perdre le chemin ce qui fait que le road book sert surtout à préparer sa course, sur toutes les éditions auxquelles j'ai participé, je n'ai jamais eu besoins de le sortir, autant sur le Marathon des Sables il y a un véritable intérêt à l'emporter, et pas uniquement parce qu'il fait partie du matériel obligatoire

Chaque matin, lors du briefing, la direction de course donne des indications complémentaires ou des précisions sur certains passages.
Le road book se compose de 3 éléments principaux qui se complètent.
- Une carte sur laquelle figure le tracé de l'étape avec les CP, les azimuts de progression,...
- Des schémas simples et assez clairs permettant de matérialiser les points clés de la progression.
- Une description texte des éléments particuliers qui seront rencontrés et des axes de progression à suivre.

La carte globale est un élément qui permet de se faire une idée du parcours de la journée.

carte globale
Le tracé en vue de dessus, le cap à suivre, la position des CP et les distances sont les principales informations, mais la carte reste souvent beaucoup moins parlante que les schémas du road book pour beaucoup de coureurs.
Les schémas associés à la description texte ont l'avantage de proposer une vue en perspective de la progression et de mettre en avant les éléments réellement importants pour la progression.

schéma

Ce schéma représente la même étape que la carte au dessus. Alors, qu'est-ce qu'il vous semble le plus clair pour vous repérer ?
La partie description texte de l'étape est relativement détaillée et précise.

description texte de l'étape
Elle précise tous les éléments qui vont être rencontrés sur le parcours avec de nombreuses indications détaillées. On y retrouve les indications concernant les cap à suivre (on y reviendra dans la partie sur la boussole), les types de terrains qui seront rencontrés (sable, cailloux, djebel, oued,) les reliefs et bien sur les éléments particuliers.

Ca se traduit par des choses du type "Km 66,7: Habitation à main droite. Continuer sur le cap 310°jusqu'au gros arbre couché."

Associée au schéma la progression devient tout de suite relativement limpide.

Crédit photo: Courtesy of Cimbaly


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